Au salon des arts ménagers (1965)
Cela fait des années que je rêve d’y aller, au salon des arts ménagers.
C’est là qu’on voit comment faire automatiquement des choses qu’on faisait à la main depuis le Moyen-Age.
Il paraît que là bas règne la mécanique et électricité. Le progrès, résolument. Le modernisme.
En plus, c’est beau maintenant. Avant, les appareils ménagers n’étaient pas beaux. Il paraît que cette année, c’est aussi le règne de l’esthétique.
Vous avez vu le reportage?
- A la minute 3.11, j’y ai appris que la mécanique est le propre de l’homme, et que les hommes sont vraiment évolués, de nos jours, qu’ils sont pour tout ce qui peut libérer la femme sur le plan technique et qu’en plus, ils les font jolis.
- Il y en a même un qui dit que des fois, il passe son temps des fois à aider sa femme à essayer de nettoyer les appareils ménagers. Je vous assure, regardez minute 3.58. Non seulement il aide sa femme, des fois, mais en plus il pense qu’il faudrait que les architectes, les vendeurs, et les concepteurs des appareils ménagers soient féminins.
(Oui, mais comment elles feraient, parce que la mécanique est une affaire d’homme? C’est plein de contradictions, un humain)
- Mais surtout, il faut que vous regardiez minute 7.42, quand Pierre Tchernia dit que si les femmes veulent des trucs compliqués en art ménagers, c’est parce que les hommes entretiennent des Ferrarri et des Mercedes (avant, ils entretenaient des danseuses, dit-il), et que les voitures c’est plein de gadgets et de complications, alors les femmes aussi veulent des complications.
- Et puis après il dit que l’outil le plus parfait qui ravaude (ça veut dire quoi, ravauder?), lave, épluche, soigne les enfants, sourit à son mari, c’est la femme, et invite son auditoire à acheter une femme, vous n’en serez pas déçus, qu’il dit.
Il est vachement drôle, Pierre Tchernia.
Enfin je sais pas. Si j’étais une femme, peut-être que ça m’énerverait.
(Enfin, je dis rien, moi, je suis une vache.)

“Ravauder”, c’est raccommoder
Bonne année, Emmarguerite !